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(attention, pas pour les frustrés et les sérieux de l'OM)




Diouf m'a expliqué comment faire pour se qualifier. Il suffit qu'on mette un but de plus que la Corogne ; c'est-à-dire 3 vu qu'ils nous en ont mis 2. Jusqu'ici c'est assez simple. Seulement voilà, s'ils en mettent un à l'extérieur alors ça comptera double. Par exemple, si on gagnait 4 à 1, ça ferait 4 à 2, plus les 2 à 0 du match aller, ça donnerait 4 à 4. « Trop de l'arnaque ! » J'ai fait. Diouf a précisé que non, les buts comptaient double uniquement en cas de match nul. « Si le match est pas terrible, c'est ça ? » Diouf a pris son paquet de cigarettes puis il a reposé. Il essaie d'arrêter de fumer. Il a dit « En cas d'égalité si tu préfères. » « Alors si on fait 1 à 1, ça fera 2 à 1 pour eux. » Il a inspiré « non, égalité sur l'ensemble des deux matchs. » Plus je réfléchissais et plus tout s'embrouillait dans ma tête. « Et mettons qu'ils mettent zéro but, ça comptera double aussi ? » Là, Diouf a craqué, il s'est allumé une cigarette.
On a frôlé l'incident quand Robert Louis Dreyfus a voulu descendre sur la pelouse, il s'est fait bloquer par deux stadiers qui voulaient rien savoir. « Mais c'est moi le président du Sporting Club de Marseille ! » Il a crié. Les stadiers ont regardé Robert Louis Dreyfus, ils ont regardé ses claquettes. Ils ont eu comme un doute. Finalement, il a réussi à passer grâce à un ramasseur de balle qui l'a reconnu. Il a pu venir danser au milieu des joueurs en chantant « On est les champions ! On est les champions ! On est – on est – on est les champions ! » Robert Louis Dreyfus nous a dit « Maintenant que j'ai gagné la coupe d'europe, c'est fini plus personne pourra critiquer mon palmarès. » Il avait l'air tellement heureux, on n'a pas eu le cœur de lui dire la vérité.
Dans les vestiaires, on a ouvert une bouteille de champomy qu'on se gardait au frais en attendant une occasion à fêter. Depuis le temps, c'était devenu un grand cru millésimé.