Bedjuis a écrit :Ouai bon si tu commence à passer par les hautes instances du FC Sion ok mais sa me paraît tout de même louche. Je me mérifierai quand même avant d'avoir vu le billet. Même SAM n'ont pas pu réserver des billets.
J'ai perdu mais on avait rien parier
le SAM va les chercher samedi.. et misterno c'est pas les HAUTES instances du fc sion.. 8-[
(le SAM va lancer une pétition suite à ce match..)
la lettre :
Messieurs,
Je prends langue avec vous en cet été 2005, plein d’interrogations, et non sans une certaine amertume, en espérant toutefois que vous prendrez le temps de me lire.
Sceptiques depuis déjà quelques temps quant à l’effacité de certaines mesures, je ne vous cache pas que votre dernier courrier n’a pas manqué de provoquer chez mes camarades et moi-même, une petite pointe de contrariété. N’y voyez bien sûr rien de personnel.
Toutefois, plus confus que déçu, je ne sais par où commencer…. mais puisqu'il le faut :
Vous n’êtes pas sans connaître l’existence de notre mouvement, le « SAM », actif depuis plus de deux ans autour des équipes nationales Suisses de football. Si tel n’est pas le cas, (ce que je crains malheureusement), un problème subsiste déjà. Je ne m’attarderais pas à retracer l’histoire du mouvement, et soulignerai simplement que nous sommes à l’origine d’un écran géant situé derrière le stade de Genève pour l’Euro 2004, ainsi que les organisateurs d’un gigantesque déplacement ayant nécessité huit cars en partance de tout le pays pour Paris, afin d’y suivre la rencontre France-Suisse. Tout cela faisant déjà partie du passé pour nous, nous cherchons déjà à déplacer nos membres en direction de Berne pour la rencontre Suisse-France (entre autres). Pour ce faire, outre les cars, un élément essentiel doit être en notre possession au plus vite : des billets. Nous y voilà.
Nous y voilà car, depuis que notre mouvement est ce qu’il est , nous cherchons à obtenir un certain nombre de ces précieux sésames. En vain. Optimistes, nous en avions déduit ne pas être encore à la hauteur, n’être qu’un mouvement marginal… Mais voilà, de l’eau a coulé sous les ponts, et il n’est plus utile pour nous de nous rassurer en quoique ce soit : nous sommes le plus officiel des mouvements de supporters nationaux inoficiels… ou l’inverse ? Cette officialité, d'ailleurs, vous seuls, Messieurs, pouvez nous la donner. Pourtant, dans votre dernier courrier, vous vous obstinez à nous considérer comme une bande de copains amateurs, supporters occasionnels et opportunistes d’une Nati qui marche. Nous n’en sommes pas à nos premiers matches pourtant… mais passons.
Le travail de fous que mes camarades et moi-même effectuons depuis déjà quelques temps ne sert donc à rien, puisqu’il n’est même pas reconnu par l’instance faîtière du football helvétique. Selon vous donc, la Nati ne mérite qu’un public passif, désorganisé, alors qu’il lui est possible de drainer des fidèles, capables de « mettre le feu » (expression populaire signifiant « mettre une sacrée ambiance en chantant continuellement), à l’aide, par exemple, de « tifos » (réalisations artistiques de masse permettant l’affichage en grand d’un dessin, drapeau, maillot, etc.), ou de chants bien organisés. N’est-ce pas de cela dont la Nati a besoin ? Ou préfère-t-elle le public opportuniste cité plus haut, à l’exemple de la France, dont le stade du même nom n’est rempli que de familles en sorties et autres curieux venus voir « l’équipe qu’on voit dans tous les journaux » ?
Notre équipe aussi, maintenant, est dans tous les journaux. Ses joueurs n’en sont pas pour autant des singes à qui l’on vient lancer des cacahouètes en rigolant. Saint-Jacques n’est pas le zoo de Bâle, et un public ne s’improvise pas. Un public doit être uni, et doit tourner autour d’un noyau dur inspirant la confiance et le respect. Tout cela lui donne quelque chose que l'on ne peut acheter, quelque chose qui ne s’invente pas : une âme.
Cela, malheureusement, Messieurs, et sauf votre respect, je pense que vous peinez quelque peu à le comprendre. Je pense situer un peu votre manière de penser : un stade contient un nombre X de places, et ce nombre X devra être distribué à un nombre Y de personnes, selon le principe du « premier arrivé, premier servi », sans prendre en considération quelque association ou autre donnée que ce soit. Seuls vos billets VIP ont déjà trouvé preneurs. Je devine également une petite subtilité : lorsque il est question pour la Nati de se qualifier, dans un groupe aussi relevé, et que cette même Nati (arrogante ?) prend la tête de son groupe devant… la France (équipe invicible, imbattable, contre qui il était inutile d’aligner une équipe), tout devient plus compliqué, et l'on rationne... « La Suisse reçoit la France », cela sonne un peu comme « ce soir, c’est l’avant-première de Stars-Wars épisode 3 ! ». La différence, est que cela n’est pas du cinéma. Notre Nati est vaillante, et mérite la place qu’elle a aujourd’hui. Le public commence à le comprendre, alors que les dirigeants semblent continuer à crier au miracle. Me trompe-je ? Si tel est le cas, pourquoi continuer à nous prendre pour des amateurs, et à bafouer un droit qui est maintenant le nôtre, après tant d’années et tant de travail ?
Au surplus, je me surprends à voir que vous ne reteniez pas les leçons du passé. Souvenez-vous de l’époque où le championnat suisse rivalisait avec les plus grands. Tout s’est effondré en quelques années. Pourquoi ? Parce que les hautes instances de ce pays n’ont pas été capables de s’adapter comme il l’aurait fallut, engendrant une génération de footballeurs frustrés qui devaient choisir entre le semi-amateurisme et… l’amateurisme tout court, alors que l’Europe du ballon rond se professionnalisait. Une certaine mentalité n’a aidé en rien, et je ne vous mets pas seulement la faute dessus, surtout lorsque l’on sait qu’il était impossible à un footballeur de trouver un arrangement (j’ai bien dit arrangement et non dispense) vis-à-vis de l’armée, alors que nos vaillants joueurs pouvaient, une fois séléctionnés, devenirs… des ambassadeurs de la Suisse lors de jeux ou coupes diverses. Bref. Avec un peu de bonne volonté, la Nati n’aurait pas connu cette indadmissible traversée du désert, portée par un minimalisme entraînant la soumission, qui, après vingt ans, poussait les gens à conclure que nous ne gagnions pas parce que… nous étions Suisses. CQFD. De plus, et avec la même dose de bonne volonté, notre championnat, à défaut de rivaliser avec celui d’Angleterre, aurait pu devenir le plus grand des petits championnats. Aujourd’hui, il est en faillite. Dans tous les sens du terme.
Mais aujourd’hui, les « médiocres génétiques » du football que sont les suisses brillent partout en Europe, briguant des places de meilleur joueur, de meilleur buteur, embrassant des coupes UEFA, des champions, des coupes nationales, etc. Ces mêmes médiocrités qui auraient décidément du trouver une place d’apprentissage bien comme il faut à l’UBS sont séléctionnés, et gagnent. Même si tout n’est pas fait, ils gagnent et font peur aux grands. Pire que cela, il sont « petits », puisque de véritables gamins garnissent maintenant le banc et le terrain d’un équipe nationale dont le réservoir n’a plus a envier celui des autres équipes, compte tenu de notre population. Nous qui croyions ne pas avoir suffisamment de joueurs… qui l’eut cru ? Nous. Nous l’avons cru, et nous avons relevé le pari fou du football helvétique. Etes-vous prêt à le relever ? Ceci est pourtant votre rôle donc...
...croyez un peu en nos joueurs, et croyez en nous.
Bien à vous, sans rancune.