A propos des torches
Posté : 12.12.2005 19:37
Excellent article je trouve... Et tellement vrai!Je suis un criminel
M.Thomas Helbling, responsable pour la commission de sécurité au sein de l'ASF, a déclaré à plusieurs reprises considérer les supporters qui utilisent des engins pyrotechniques comme des criminels.
Tandis que certains s'offusquent de la perte de liberté d'expression ici ou là, strictement personne ne réagit à ce type de propos purement scandaleux. Ainsi, un hooligan qui agresse d'autres supporters, un excité qui envoie une fusée dans le public ou tout individu se comportant de façon à mettre en danger la santé d'autres supporters est traité de la même manière qu'un supporter manifestant de façon festive son soutien à son équipe !
Les fumigènes et torches font partie du monde des tribunes et ne représentent aucun danger tant que leur utilisation peut être faite dans des conditions normales. En s'attaquant à ce symbole des supporters les plus fidèles, les instances du football mondial s'attaquent de front à ce qui différencie encore un match de football d'une pièce de théâtre. Mais cette répression aveugle a également une autre conséquence, plus fâcheuse : elle contraint les supporters à ruser afin de pouvoir continuer à enflammer nos stades, et donc à devoir effectuer de façon cachée et à la va-vite des gestes qui mériteraient d'avantage d'espace et de temps pour éviter tout risque.
Nous ne le savons que trop bien : le but final de ces messieurs en col blanc est de faire de nos stades des théâtres où tout le monde serait assis, où toute animation serait dûment programmée et réglée, ne laissant plus aucune place à l'improvisation, éradiquant purement et simplement le côté festif d'un match de football.
En poussant les supporters dans les cordes, les dirigeants du football actuel cherchent à les faire entrer dans une logique no future que ne renieraient pas les punks des années '70. Ainsi, puisque pour un supporter, se battre contre son rival n'est pas pire que d'allumer un fumigène, pourquoi s'en priver ? Cette logique fournit ainsi des arguments supplémentaires à ces messieurs chargés de la sécurité pour un tour de vis supplémentaire. Nous nous retrouvons ainsi aujourd'hui dans une logique qui tend à marginaliser une partie de la population de nos stades, celle qui précisément fait vivre nos stades.
Et au fond, peu importe que les hooligans puissent continuer à sévir. Tant que cela se passe loin de leurs stades, loin des caméras des médias, tant que la grand-messe n'est pas dérangée, quelle importance si des supporters se font agresser en dehors du stade. Si l'UEFA, l'ASF et les autres organismes dirigeants souhaitaient sincèrement lutter contre la violence dans et autour des stades, les groupes ou groupuscules hooligans seraient mis depuis longtemps hors d'état de nuire, car eux sont connus des services de police.
Au contraire, on interdit aujourd'hui, sous de fumeux prétextes sécuritaires, les grands drapeaux, les engins pyrotechniques, les mégaphones. Demain, ce sera au tour des plus petits drapeaux. Puis viendra le moment où rester debout dans un stade sera également criminel, au même titre qu'allumer une torche hier ou entrer un mégaphone non déclaré aujourd'hui.
C'est pourquoi, aujourd'hui, pour paraphraser un célèbre président, j'ai envie de crier :
Je suis un criminel !
NF, www.grenats.ch