La nomination de Paul Le Guen à la tête du club de la capitale résonne comme une suite logique dans une carrière marquée par une fidélité de près de dix ans aux couleurs parisiennes. De la "patate de Pencran" à la victoire en Coupe des Coupes en 1996, en passant par le titre de champion de France deux ans plus tôt - le dernier à ce jour du PSG -, Le Guen incarne les années fastes du club. Un passeport qui, rehaussé de son odyssée lyonnaise, semble faire de l'ancien libero l'homme providentiel.
Il est de retour. Comme une évidence. Paul Le Guen renoue avec le PSG et ces retrouvailles semblaient, depuis son départ du club, synonymes pour lui de fin de carrière à l'issue de la saison 1997-1998, quasi-inéluctables tant la carrière de l'ancien milieu défensif reconverti libéro, s'avère liée à celle du club parisien. Un fidèle parmi les fidèles, de cette génération de joueurs qui aura offert à Paris sa période la plus faste, celle de la fameuse ère Denisot au début des années 90, marquée par un titre de champion de France en 1994, une Coupe des Coupes deux ans plus tard, mais aussi trois Coupes de France en 1993, 1995 et 1998, ainsi qu'une Coupe de la Ligue toujours en 1998.
Une période qui, aujourd'hui, fait l'effet d'un paradis perdu pour un club qui flirte avec la zone de relégation et affiche le plus mauvais classement de son histoire après vingt journées. Qu'Alain Cayzac, dirigeant historique du PSG, selon l'expression consacrée, devenu président, choisisse dans ce contexte catastrophique pour le club de faire appel à celui qui, de par son profil - diplômé de sciences économiques -, sa reconversion, son parcours et sa réussite en tant qu'entraîneur, est tout sauf un hasard, ni même une surprise. Libre de tout engagement depuis le 4 janvier dernier et son éviction de son poste de manager aux Rangers (qui, aux yeux du public parisien et des dirigeants tout du moins, ne semble en rien écorner son parcours), Le Guen a donc finalement accepter de relever un défi colossal, mais qui lui tient forcément à coeur, lui qui reste à jamais parisien de coeur.
Le plus doué d'entre tous
Une décision qu'il s'était refusé à prendre lorsqu'en pleine année sabbatique après son départ de Lyon en pleine lumière, le poste lui avait déjà été proposé. A l'époque, la perspective de succéder à son ancien coéquipier et ami, Laurent Fournier en poste, lui interdit de relever le challenge d'un club alors... sixième de Ligue 1, et qui choisira de s'en remettre à... Guy Lacombe pour le résultat que l'on sait. Deux ans plus tard et Le Guen accepte donc un challenge pour lequel, au fond de lui-même, il se préparait de toute façon, conscient qu'il était de recroiser tôt ou tard le destin de son ancien club.
Alain Cayzac, aujourd'hui, lui offre cette opportunité, persuadé de la légitimité incontestable d'un tel choix et renseigné également par les expériences passées. De Ricardo, dont le retour sur le banc du club de la capitale durant deux saisons se sera soldé par un titre de vice-champion de France en 1997, une finale de Coupe des Coupes la même année et deux victoires en Coupe de France et de la Ligue en 1998, à Laurent Fournier, sacrifié sans doute prématurément par Pierre Blayau, la génération dorée des années 90 a prouvé qu'elle avait les moyens de redonner, depuis le banc, à Paris son lustre passé.
Le Guen, parce que sa "patate de Pencran", surnom donné un soir de finale de Coupe de France contre Strasbourg, du temps de la splendeur du club, par Michel Denisot, reste à jamais inscrite dans la légende et l'imaginaire du club, parce qu'il fut l'un des leaders respectés et reconnus de cette période dorée durant laquelle il s'est construit la totalité de son palmarès (*) et aura acquis la reconnaissance internationale (17 sélections), devait s'installer un jour ou l'autre aux commandes du groupe professionnel. Mais plus encore, c'est bien sûr sa réussite en tant qu'entraîneur à Lyon, marquée par la conquête de trois titres de champion de France, après des débuts poussifs à Rennes, qui vaut au Breton ce blanc-seing à l'heure du retour à Paris, il s'apprête à retrouver Alain Roche, actuel directeur sportif, et Vincent Guérin, entraîneur de la réserve parisienne.
Certains comprendront mal que, deux semaines à peine après le premier véritable échec de sa carrière d'entraîneur, qui plus est pour sa première expérience à l'étranger, ce technicien reconnu et respecté de tous, réputé pour sa sagesse, accepte de plonger aujourd'hui dans le marasme parisien. Mais parce que c'était le PSG et parce que c'était lui...
(*) Champion de France de D1 en 1994, vice-champion de France D1 en 1993, 1996 et 1997, vainqueur de la Coupe de France 1993, 1995 et 1998, vainqueur de la Coupe de la Ligue 1995 et 1998, vainqueur de la Coupe des Coupes 1996 et finaliste de la Coupe des Coupes 1997.
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@ Illuvatar
Voilà, je pense que comme l'article l'a mentionné, c'est plus un choix de coeur qu'un choix de raison. Donc à toi de voir, de quel côté tu préfères te ranger: choisir un défi plus relevable avec un club qui t'est étranger ou choisir un défi beaucoup plus relevé, mais avec un club que tu aimes. Le Guen a fait son choix. je n'ai que deux petites choses à dire sur son choix. Bravo et bon courage...